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Caméras embarquées : le plan de bataille de Nextbase en France
10/06/2019 - Gredy Raffin

 

Les caméras embarquées finiront-elles par constituer autre chose qu'un marché de niche en France ? Nextbase veut y croire. Pour y parvenir, le fabricant a décidé de trouver des partenaires d'affaires. Alors qu'il lance la commercialisation de la gamme Série 2, Nextbase lève, ce 10 juin 2019, le voile sur les termes d'un accord conclu avec Norauto et L'Olivier Assurance. 

 

Cette relation tripartite prévoit que les caméras commercialisées au travers du réseau de centres-autos bénéficient d'une offre de remise sur un contrat d'assurance souscrit auprès de la compagnie. Un rabais qui s'élèvera systématiquement à 10 % du montant de la prime annuelle. Un modèle marketing inspiré de celui employé par Nextbase outre-Manche. Au Royaume-Uni, la marque a ainsi profité d'un élan d'adoption, voyant ses volumes passer de 30 000 unités en 2014 à 1 million d'unités en 2018. Ce qui équivaut à un taux de pénétration de 79 % (source GFK) pour un taux d'équipement de 20 %.

 

Conformément à ses habitudes, Nextbase vise, en France, une part de marché supérieure à 50 %. Selon les prévisions établies avec Norauto, le marché national pourrait atteindre 100 000 unités dans trois ans, contre "10 000 à 15 000" exemplaires de caméras en 2018. Le responsable du marché électronique embarquée de Norauto, Thibaut Lesaffre, rapporte que l'enseigne totalisait "20 à 25 %" de ces volumes l'an passé et projette d'écouler 10 000 pièces cette année, sur un périmètre global de 50 000 unités. "En 2020, nous allons multiplier nos cadences par 2 ou 2,5", annonce-t-il.

 

Les particuliers d'abord

 

Dans les rangs de l'assureur, la prudence est de mise. Aucun objectif de conquête de clients n'a été arrêté. La législation n'autorisant les changements de compagnies qu'après le premier anniversaire, il faudra de facto retirer une frange de la clientèle, non éligible à l'offre. "Les Français sont plus enclins à s'équiper de caméras, car ils craignent les sinistres avec des conducteurs non assurés, explique-t-on chez L'Olivier Assurance. Ils se montrent aussi plus ouverts à la technologie dès lors qu'ils comprennent que cela va faciliter le traitement des plaintes et des remboursements".

 

Un bémol néanmoins, L'Olivier Assurance ne traite à ce jour qu'avec les particuliers. De fait, l'offre ne pourra pas directement profiter aux gestionnaires de flotte sous forme de contrat cadre. Ce qui va freiner la course en avant des caméras de Nextbase, qui par définition ont plus d'intérêt auprès des gros rouleurs et des professionnels de la route. Un paramètre sur lequel planche l'assureur et qui pourrait se matérialiser par une nouvelle entrée au catalogue. Une chose est sûre, il ne sera pas prévu de se lancer sur le segment de la télématique.

 

Appel d'urgence et Alexa

 

Les tarifs des cinq modèles de la gamme Série 2 de Nextbase courent de 69 à 229 euros. En accordant une remise de 10 % sur une prime dont le montant moyen oscille entre 500 et 600 euros, L'Olivier Assuanrce donne pour argument à Norauto de proposer un produit qui sera pour ainsi dire amorti dès l'ouverture de la boite. Mais en réalité, les caméras s'achètent en moyenne 150 euros en France. Un prix sous lequel Nextbase disposera de trois modèles, dont une référence à 149 euros qui représentera le cœur des ventes.

 

La gamme Série 2 a été dévoilée en ouverture du CES de Las Vegas, en janvier dernier. Nextbase a évoqué alors une diminution de 35 % de la taille de la caméra par rapport à la première génération. Le fabricant a notamment listé aussi l'ajout d'un mode parking qui détecte les chocs lorsque le véhicule est stationné et d'une fonction d'appel d'urgence automatique. Pour ajouter de l'attrait, Nextbase a embarqué Amazon Alexa, faisant de cette caméra l'un des tout premiers accessoires automobiles du marché à disposer de l'assistant intelligent.

 

En plus de la France, Nextbase fait ses débuts en Italie et en Espagne, en ce mois de juin. Le fabricant pèse en moyenne plus de 35 % du marché dans pays scandinaves et aux Pays-Bas, dépasse les 40 % de pénétration en Belgique et atteint déjà 24 % sur son nouveau marché allemand.