Constructeurs
Garde à vue prolongée pour Carlos Ghosn
12/04/2019 - Alice Thuot

 

Le 4 avril dernier, Carlos Ghosn, après une courte période de remise en liberté conditionnelle, tombait sous le coup d’une quatrième arrestation, soupçonné de détournement de fonds de Nissan via un distributeur de véhicules du constructeur à l’étranger, le sultanat d’Oman, comme l'affirment des sources proches du dossier. Selon le bureau des procureurs, sur un total de 15 millions de dollars versés entre fin 2015 et mi-2018, 5 millions auraient été utilisés pour le bénéfice personnel de Carlos Ghosn.

 

Aujourd’hui, vendredi 12 avril, le tribunal de Tokyo a autorisé la prolongation jusqu'au 22 avril de la garde à vue de l’ex homme fort de l’Alliance. La décision du tribunal, qui a accordé une extension un peu moins longue que ce qui avait été requis par le parquet, a été annoncée dans un bref communiqué, sans plus d'explication. Les avocats de Carlos Ghosn ont aussitôt fait appel comme ils avaient prévu de le faire en cas de prolongation.

 

Premier conseil opérationnel post-Ghosn

 

Pour rappel, Carlos Ghosn, interpelé le 19 novembre à Tokyo, a déjà été inculpé à trois reprises, deux pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et une pour abus de confiance. Il est notamment accusé d'avoir tenté de faire couvrir par la compagnie des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008. L’intéressé lui, clame depuis sa prison du Japon son innocence, évoquant complot et trahison de la part de certains dirigeants de Nissan, effrayés par la fusion avec Renault en préparation.

 

En attendant, les dirigeants des deux marques, ainsi que de Mitsubishi, tiennent vendredi à Paris leur premier conseil opérationnel, une instance créée en mars pour tourner la page de l'ère Ghosn et marquer un "nouveau départ", selon l'expression du nouveau pilote du partenariat franco-japonais, Jean-Dominique Senard. (Avec AFP)