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La colère des auto-écoles contre l'émergence de plateformes en ligne
11/02/2019 - Catherine Leroy

 

Une centaine de voitures-écoles à Paris et près de 1 000 dans toute la France : les gérants d'auto-écoles ont décidé de manifester ce lundi 11 février 2019, suite au rapport parlementaire rédigé par François Dumas (députée LRM) et remis au Premier ministre vendredi 8 février 2019.

 

Pour l'instant, les syndicats représentants la profession (CNPA, Unidec et Unic) n'ont pas pu encore en faire la lecture mais les informations qui ont filtré, ont suffi à attiser la colère. "Le mouvement que nous connaissons aujourd'hui montre la détresse des auto-écoles de proximité par rapport à la confusion qui règne", avance Patrick Bessone, président du métier des auto-écoles au CNPA.

Largement pointées du doigt, les plateformes d'apprentissage de la conduite telles que envoituresimone.com ou encore ornikar.com. Car le rapport préconise la suppression de l'agrément départemental attaché à un local pour l'apprentissage de la conduite et la création d'un agrément "à la voiture". "C'est un peu comme si Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale supprimait les écoles primaires et plaçait un enseignant indépendant et précaire dans chaque famille", compare Patrick Bessone.

 

A l'origine de cette discorde, la volonté d'Emmanuel Macron de baisser le prix du permis de conduire lors d'une allocution en décembre 2018 : "Un permis de conduire coûte en moyenne entre 1 500 et 1 800 euros en moyenne. Mais le gouvernement confond prix et coût. Les gérants des 11 000 auto-écoles en France emploient des salariés, paient des charges. Les plateformes que le gouvernement veut mettre en avant font travailler des auto-entrepreneurs mais surtout, elles reposent sur un modèle économique qui n'est pas viable, qui nécessite d'énormes levées de fond et appartiennent aux banques", ne décolère pas Patrick Bessone.

Pour les syndicats, la solution pour faire baisser le prix du permis de conduire serait plutôt d'affecter une partie des recettes des radars automatiques (1,9 milliard d'euros en 2018). Les syndicats ont obtenu la garantie d'être reçus par les équipes de Matignon dans le courant de la semaine au plus tard.