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Marcel confirme e.co, sa gamme de VTC électriques
14/09/2018 - Gredy Raffin

 

Après une phase test amorcée au début de l'été, Marcel se lance définitivement dans la constitution d'une flotte de VTC électriques, avec le label e.co, officialisé ce 14 septembre 2018. La filiale de RCI Bank and Services a commencé avec 100 véhicules en circulation qui ont transporté des clients dans Paris intramuros et sa première couronne Ouest très majoritairement, mais souhaite atteindre les 500 voitures au printemps 2019. "Aucune flotte de VTC n'a cette envergure écologique", se félicite Bertrand Altmayer, le co-fondateur et directeur général de la plateforme.

 

Le pilote a servi à valider le modèle économique. "Nous souhaitons augmenter la rentabilité des chauffeurs", argue Bertrand Altmayer, qui rappelle que le déséquilibre financier avait provoqué des tensions dans le secteur, dès 2015. Marcel a calculé que le seul poste de dépense en carburant s'élève en moyenne à 700 euros par mois pour un exploitant de VTC. Tous frais de fonctionnement compris, la facture du véhicule dépasse largement les 1 000 euros mensuels. En travaillant étroitement avec Renault et RCI Bank and Services, Marcel parvient à proposer une Zoé à 680 euros par mois tout compris.

 

Certes, la Zoé pèse 90 % des VTC de la gamme e.co en activité, mais Marcel laisse la porte ouverte à toutes les autres marques qui ont des produits éligibles. La Nissan Leaf, la BMW i3 et la Kia Soul EV ont été retenues par une dizaine de chauffeurs opérant sur la plateforme. "Chez Marcel, nous avons la conviction que les technologies peuvent et doivent contribuer à une mobilité plus fluide et plus durable, pour un meilleur partage de l’espace urbain, glisse Bertrand Altmayer. Nous croyons qu’avec un modèle alternatif comme e·co, nous participons à la construction d’une mobilité urbaine raisonnée, responsable et équitable pour tous."

 

Belib' en support

 

Les premiers retours des clients sont positifs. Bertrand Altmayer et Patrick Vergelas, responsable des nouvelles mobilités de Renault France, sont unanimes là-dessus. D'une certaine manière, en réduisant les frais de fonctionnement, Marcel a fait d'e.co une offre à bas coût sur la place parisienne, en affichant des tarifs de course à partir de 5 euros. Les frais de services facturés aux chauffeurs s'élevant à 13,6 % du prix client HT, contre 25 % pour les plateformes les plus en vue du marché.

 

Reste une problématique : le rechargement des véhicules "L'infrastructure est loin d'être satisfaisante, regrette Bertrand Altmayer. La montée en volume fait craindre des situations critiques." Marcel ne comptait pas recourir aux bornes Autolib', jugées pas assez puissantes. Tant mieux car elles sont toujours inaccessibles. Le service de VTC va s'appuyer sur le réseau Belib, soutenu par la Mairie de Paris.

 

Cette prise de position stratégique de Marcel traduit une tendance naissante. Bertrand Altmayer croit que les VTC vont évoluer vers une électrification. Ce qui ferait taire les critiques. Partagé par les consommateurs, le véhicule avec chauffeur demeure un moyen de transport à moteur thermique de plus mis à la route. Ce qui ne participe pas de la réduction des gaz polluants dans le centre des villes.