Constructeurs
Toyota et Mazda choisissent l'Alabama
12/01/2018 - Christophe Jaussaud

 

L'Alabama ne sera pas une découverte pour Toyota. En effet, le Nippon y exploite déjà depuis 2011 une usine de moteurs, où 1400 personnes travaillent. D'ici 2021, il y produira, avec Mazda, près de 300000 véhicules par an grâce à un investissement de 1,6 milliard de dollars. A l'occasion de cette annonce, le 10 janvier dernier, Masamichi Kogai, président de Mazda, et Akio Toyoda, président de Toyota, étaient entourés de la Gouverneure de l'Alabama Kay Ivey et du Maire de Huntsville, Tommy Battle.

 

Toyota et Mazda ont ainsi fait le choix de rejoindre les nombreux constructeurs automobiles et équipementiers étrangers attirés par les avantages de cet Etat rural où l'Allemand Mercedes-Benz est à lui seul un des moteurs de l'économie. L'Alabama, qui a voté massivement pour Donald Trump à la présidentielle (62%), accueille aujourd'hui, outre Toyota et Mercedes, également Honda, Hyundai, Kia et des dizaines d'équipementiers automobiles. Ce secteur employait 38730 personnes en 2016, selon l'Economic Development partnership of Alabama (EDPA), pour un million de véhicules produits, le portant au cinquième rang des Etats américains pour la production d'automobiles. Le secteur automobile dans l'Etat de l'Alabama emploie environ 57000 personnes, selon des données de Toyota.

 

Mazda, qui n'a actuellement pas d'usine aux Etats-Unis et importe ses voitures du Mexique et du Japon, prévoit d'y fabriquer des crossovers qui seront introduits sur le marché nord-américain tandis que Toyota y fabriquera la berline Corolla. Si Détroit est la ville historique de l'industrie automobile aux Etats-Unis, le choix de l'Alabama n'est pas surprenant. Affectés par le déclin du charbon et du textile, l'Alabama mais aussi le Kentucky, le Mississippi, le Tennessee, la Caroline du Sud et la Géorgie ont en effet lancé depuis longtemps une offensive de charme, dès la fin des années 80, pour attirer les groupes automobiles étrangers à coup de subventions publiques, d'abattements fiscaux ou encore de dérèglementation.

 

Pour attirer Toyota, la gouverneure du Kentucky, Martha Layne Collins, avait même à l'époque sorti un joker sous la forme d'une dotation financière. La Caroline du Sud, elle, a su moderniser les infrastructures de transport reliant la ville de Spartanburg au port de Charleston afin de satisfaire l'Allemand BMW, dont plus de la majorité de la production américaine est destinée à l'export. Le Sud-Est est une région où les syndicats, jugés "néfastes" pour la prospérité par les responsables politiques, sont quasiment absents. Des éléments qui ont sans doute pesé dans le choix de Huntsville.

(avec AFP)