Constructeurs
Interview Pro AM - Guillaume Crunelle, associé chez Deloitte
10/10/2017 - News Du Mondial De L’auto

 

Le Mondial de l'Automobile s'ouvre pour la première fois aux mondes et aux grands défis de demain avec Keynotes et Mondial Tech. Globalement, comment voyez-vous le Mondial 2028 ? Et celui de 2038 ?

Guillaume Crunelle. Je les vois plus grands et plus beaux, je les vois extrêmement technologiques, ouverts sur un monde plus vaste que celui de l'automobile au sens strict, ouverts à d'autres technologies, d'autres acteurs. Je les vois comme les salons de tout ce que la mobilité rassemble dans notre économie. Donc, en 2028, un salon très technologique avec ces voitures que l'on verra enfin vraiment rouler toutes seules et qui nous permettront de faire autre chose que conduire. Pour 2038, il faut laisser à la voiture ce qu'elle porte depuis des années, c'est-à-dire le rêve, et l'on peut rêver de ce que l'on veut pour 2038…

 

Ces temps-ci, on parle beaucoup des voitures connectées et Google, Apple ou d'autres semblent devoir en devenir des acteurs importants. De votre point de vue, y a-t-il dangers pour les constructeurs traditionnels ?

GC. Je pense que l'écosystème va se transformer, la voiture va être de plus en plus un outil technologique, un objet numérique. Il est clair que, dans ce contexte, il va y avoir des collaborations. Mais c'est pour construire la mobilité de demain. La vraie problématique, c'est de la construire ensemble pour répondre au besoin de chacun. Donc, non, il ne faut pas avoir peur de ces nouveaux acteurs, il faut apprendre à travailler ensemble. Demain, on construira des voitures avec d'autres et ces nouveaux acteurs en font partie.

 

Globalement, on a le sentiment que les gens se méfient de ce futur automobile. Comment faire évoluer ce sentiment, et le Mondial peut-il avoir avoir un rôle ''éducatif'' ?

GC. Tout d'abord, il ne faut pas avoir peur du futur. Je pense qu'il y a aujourd'hui des interrogations parce que l'on parle de choses que l'on ne voit pas encore rouler dans les rues. On voit des voitures électriques, on va en voir de plus en plus, on va donc y croire et finalement adhérer à ces technologies. Concernant les véhicules autonomes, on voit apparaître des voitures de niveau 3, c'est le début, et je pense que l'éducation en la matière se fait par l'expérience. Elle va se faire sur la route et, petit à petit, les mentalités vont changer. Il est clair que de grands événements comme le Mondial de l'Auto sont des accélérateurs de prise de conscience, de connaissances, et donc d'acceptation de ces nouvelles mobilités.